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04 - Indicateurs sur l’organisation et la complexité urbaine

— 8 janvier 2017

La question de la densification, de la complexification ou de la structure urbaine est au centre des débats sur la ville Résiliente. Ces indicateurs tentent de caractériser ces différents paramètres. Ils sont ou seront très utiles pour comparer les différentes villes soumises à des politiques similaires ou différentes.

Sommaire - 6 indicateurs

4.17 - Complexité urbaine
4.18 - Distribution entre activité et résidence
4.19 - Activités de proximité
4.20 - Activités denses en savoirs
4.21 - Structure des locaux commerciaux de plein pied
4.22 - Continuité spatiale et fonctionnelle de la voie-couloir

Les indicateurs liés à la complexité urbaine

Implication pour le changement climatique :

La diversité et la mixité urbaine ont une influence sur les transports, l’atténuation des effets d’ilots de chaleur, et sur la qualité de vie en général. Leur rôle n’est cependant pas encore totalement connu et dépend beaucoup des régions climatiques où l’urbanité est construite. C’est un débat important au sein de la communauté scientifique, qui nécessite l’accumulation d’expériences et la comparaison entre de nombreuses villes.


4.17 - Complexité urbaine

  • Objectif :
    Il s’agit de mesurer l’organisation du système urbain et sa diversité. Cet indicateur permet de définir des stratégies de planification et de mobilité. En effet, il donne des indications sur :
  • la diversité et la mixité des usages et des fonctions urbaines ;
  • L’importance du capital social et économique d’un territoire ;
  • le degré de centralité et de "maturité" du territoire.

On peut aussi penser que cet indicateur permet de mesurer, en distinguant plusieurs espaces (cartographie par quartier p.ex.), des concentrations d’activités qui influent sur les transports, des proximités ou éloignements entre population et services de base, des dynamiques particulières de diversification des activités, etc. qui permette de mettre en relation avec des indices plus thématiques.

  • Définition :
    On mesure la complexité urbaine à partir de l’indice de Shannon, provenant de la théorie de l’information : H. Cette mesure de la diversité se base sur le nombre d’individus qui réponde à un critère, dans la population considérée. Les critères correspondent à une capacité de contact, de portage d’information dans un même espace. Les porteurs d’information sont ceux des personnes juridiques qui entrent dans des catégories comme les activités économqiues, les institutions, le capital social ou économique.
    H maximum est obtenu lorsque tous les porteurs d’information ont la même fréquence.
  • Nos critères :
    Il est certain que la diversification est un indicateur intéressant pour permettre la conception de villes compactes mais fonctionnelles. Si un quartier ne dispose que d’une seule fonction (une activité spécialisée, ou une fonction de type résidentielle p.ex.) il engendrera des mobilités importantes vers d’autres activités et d’autres fonctions, Par contre, si un quartier dispose de toutes les fonctions ou activités, on peut supposer que les mobilités se feront au sein du quartier. On peut dans ce dernier cas concevoir un projet de mobilité à courte distance (bicyclette ou voies piétonnières) qui facilite les échanges et améliorent la qualité de vie (voies arborées, limitation du bruit et de la pollution, etc.).
    Cet indicateur permet également de voir les ruptures entre espaces, et ainsi les zones d’intégration ou de mobilité à aménager.
    Il serait intéressant d’établir des seuils de diversité à partir d’une comparaison de plusieurs villes et de l’examen des services de proximité, des modes de transport, et de l’attractivité que les quartiers complexes peuvent générés.

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4.18 - Distribution entre activité et résidence

  • Objectif :
    Il s’agit de caractériser la densité des activités tertieires et avancées pour garantir un minimum de complexité urbaine.
    Le mélange des fonctions, et surtout les fonctions avancées permet une meilleure probabilité d’échanges entre personnes juridiques.
    Si l’indicateur peut être mesuré au cours du temps, il donnera une appréciation de la relation entre résidentiel, tertiaire et commercial entre le jour et la nuit et même les jours de repos afin d’apprécier l’occupation de l’espace durant les 24 heures.
  • Définition :
    Le rapport entre usage tertiaire et service avancés / usages lucratifs total
  • Nos critères :
    L’indicateur est très utile pour la construction d’une ville diverse. L’optimisation de l’occupation et de la mobilité peut s’effectuer lorsque des activités (en particulier tertiaire, pour de multiples raisons) peuvent s’associer à des occupation strictement résidentielles, et éviter ainsi les "vides" urbains. Par exemple, dédier les rez de chaussée des immeubles à des activités commerciales ou tertiaires permet de créer du lien et de la diversité.
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4.19 - Activités de proximité

  • Objectif :
    Mesurer les activités qui peuvent avoir des relations de proximité avec le résidentiel et le commercial.
    Les activités de proximité sont d’usage quotidien, et doivent se situer dans un rayon proche de l’habitation pour éviter la mobilité : alimentation, journaux, pharmacies, marché, etc.
  • Définition :
    Usage commercial de proximité / Usage lucratif non commercial.
    Le rapport se situe autour de 10% pour assurer les besoins quotidiens et diminuer la mobilité.
  • Nos critères :
    Il est certain que l’activité de proximité permet de réduire la mobilité. Cependant, il est aussi important, dans cet indicateur, de prendre en compte le type d’activité, le statut social du quartier et l’attraction possible des centres ville, et surtout des complexe commerciaux. L’habitant ne se satisfait jamais de commerces de proximité.
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4.20 - Activités denses en savoirs-

  • Objectif :
    Les secteurs des TIC sont liés avec des secteurs très spécifiques comme la recherche, le design, l’édition, la culture, le multimedia, la gestion des bases de données et de connaissance. Ils permettent un lien privilégié avec d’autres secteurs économiques et modifient souvent le tissu urbain du quartier, en créant de nouvelles centralités.
  • Définition :
    A partir d’une maille de 400x400 mètres, ou d’unités équivalentes (quartier), on considère qu’il faut 10% d’équipements dédiés à la formation et la diffusion d’information internet, et de nouvelles technologies.
    Services avancés et internet / usages lucratifs total
  • Nos critères :
    L’apport d’activités TIC ne crée pas forcément des liens dans le quartier mais peut au contraire conduire à une restructuration du quartier vers une gentrification. Il a peu de lien avec la durabilité des lieux, y compris en terme de mobilité, s’il n’est pas accompagné d’un renouvellement urbain et dune diversification forcée.

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4.21 - Structure des locaux commerciaux de plein pied

  • Objectif :
    Cet indicateur permet de comparer la part des activités de proximité par rapport, par exemple, à la superficie des centres commerciaux dans le quartier, ou dans les périphéries proches.
  • Définition :
    Nombre de locaux en rez de chaussée ayant une superficie comprise entre 50 et 200m2 / numéro total de locaux
    On estime cette densité à 80% pour assurer une complexité suffisante.
  • Nos critères :
    Même remarque : la qualité des activités et l’organisation locale sont aussi importantes que la quantité de locaux. Cet indicateur permet de mesurer les "vides" d’activités dans les quartier, mais la diffusion des activités n’est pas forcément une solution à la limitation de la mobilité.

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4.22 - Continuité spatiale et fonctionnelle de la voie-couloir

  • Objectif :
    La rue et la trame urbaine constitue l’élément structurant du tissu urbain ; elles permettent d’assurer une continuité spatiale et d’augmenter la complexité organisée.
  • Définition :
    Mesure de la continuité spatiale et fonctionnelle sans espace vide d’information visuelle (espaces non occupés, non habités).
    On considère qu’il faut une activité chaque 20 mètre pour permettre une continuité qui garantisse une qualité de l’espace public et une viabilité de l’espace piétonnier.
    Les critères qui dimensionnent les espaces résidentiels :
  • Constructions ordonnées : donnent un référentiel visuel et permet de valoriser les activités de rez de chaussée
  • Espaces publics de transit et stationnement des piétons
  • Diversité des fonctions
  • Perméabilité entre espaces publics et espaces de fonctions
  • Présence de mobilier urbain permet une ambience et des connexions visuelles
  • Hiérarchie des fonctions de la voirie (types de transport)
  • Continuité des trajets piétonniers et optimisation de trajets courts.
  • Nos critères :
    Ce critère doit être lié à une notion de fermeture résidentielle, qui rompt la continuité et la fluidité des mobilités et des fonctionnalités.
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