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01 - Indicateurs de morphologie urbaine

— 6 juin 2016

La plupart des publications donne comme principe que les nouvelles aires à urbaniser doivent se créer avec une densité suffisante et un minimum de compacité.
L’argument est qu’une forte densité permet de réunir sur un même espace les usages et fonctions urbaines.
Elle permet également une meilleure probabilité de contact, d’échange et de communication entre les éléments de la ville.

Sommaire - 4 indicateurs

1.01 - Densité d’Habitat
1.02 - Compacité absolue
1.03 - Compacité corrigée
1.04 - Compacité corrigée pondérée

Les indicateurs de morphologie urbaine

Implication pour le changement climatique :

Nous voyons apparaître dans cette série d’indicateurs une certaine contradiction entre les préconisations de la densification de l’habitat, et la nécessité de disposer d’espaces publics de qualité, en particulier espaces verts et espaces de socialisation. Il est important d’effectuer des recherches plus approfondies sur ces indicateurs et de leur relation à la morphologie urbaine, aux intensités d’émission de GES, et aux impacts possibles du changement climatique. Ce sont les indicateurs clefs de la conception ou non d’une ville dense qui doivent entrer dans un calcul d’optimisation en fonction des accessibilités (directes ou par transport) des différents usages de la ville.


1.01 - Densité d’habitat

  • Objectif : Les nouvelles aires à urbaniser devraient se créer avec une densité suffisante, établissant un minimum de compacité.

Selon BCNSEV, une occupation diffuse de l’habitat crée des structures de vie peu durable, alors qu’une densité adéquate permet de réunir une masse critique de personnes et d’activités dans chaque entité résidentielle ; elle permet également une dotation en transport public, de services et d’équipements de base et tous les services urbains traditionnels (Culture, relations sociales, etc.), dans une structure de proximité.
L’indicateur de densité doit être accompagné d’une description de l’occupation du sol, c’est à dire, la structure du tissu urbain.

Faible Densité = moindre cohésion sociale ; plus forte consommation de ressources naturelles ; plus grande consommation de sol (plus forte imperméabilisation) ; faible connectivité et augmentation de la fragmentation du territoire ; plus forte consommation d’énergie et d’eau (transports en particulier).

Selon CATMED, la détermination de la valeur optimale de densité de population d’une ville n’est pas facile à réaliser. Cela dépend du modèle urbain, de son histoire, des déséquilibres qui peuvent exister du point de vue économique et social.
CATMED considère que pour une ville disposant d’espaces publics et d’espaces verts, une densité minimum de 120 habitants par ha est un niveau acceptable dans les villes méditerranéennes considérées dans l’étude.

Selon AURA, la ville doit lutter contre l’étalement urbain, doit favoriser les déplacements courts, créer du lien social et réduire les coûts d’infrastructures. Réduire l’étalement permet d’accroître les offres de service et la vie de quartier.

  • Définition : La densité d’habitat se définit comme le nombre total de logements contenus dans un espace limité (hectares) (BCNSEV, AURA)
    Une autre définition consiste à prendre le nombre d’habitants par hectares. (CATMED)
  • Nos critères : Ce critère est important dans le cadre de la mitigation et de l’adaptation au changement climatique mais est très controversé en relation à son effet réel :
  • 1 - Densité = masse critique + cohésion sociale / Il est difficile d’en définir la valeur optimale car il est également nécessaire de définir les critères de qualité de vie, et surtout de qualité environnementale (les fortes densités ne créent pas forcément de la cohésion sociale, voir par exemple les grands ensembles). D’autres critères d’urbanisme sont nécessaires pour faciliter ces relations (espaces publics, lieux de rencontres, centres culturels de proximité, etc.)
  • 2 - Densité = réduction de la consommation d’énergie ou d’eau / Dans les très fortes densités, les effets d’îlot de chaleur provoquent l’usage de climatiseur qui sont de forts consommateurs d’énergie. La forte densité par la construction d’immeubles limite la surface de toit portant pour les énergies renouvelables.
  • 3 - Densité = faible consommation de sol et diminution de l’imperméabilisation / Au contraire l’étalement permet de mixer les espaces non construits et les espaces bâtis et d’incorporer des systèmes de drainage. Par ailleurs le développement de la permaculture n’est possible que dans des villes peu denses, et favorise l’agriculture de proximité et ses services annexes.
  • 4 - Densité = meilleure offre de transport public / Cela dépend étroitement de la distribution des activités en ville. Dans le schéma actuel très segmenté des villes (zones industrielles, zones commerciales, zones résidentielles, parc et jardins, etc.), cette amélioration ne peut exister et conduit même à ses effets contraires.

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1.02 - Compacité absolue

  • Objectif : Mesure la pression de la construction sur le tissu urbain, et donne une idée de la proximité des éléments urbains.

Selon BCNSEV et CATMED, la compacité facilite le contact, l’échange et la communication. La compacité est le pilier de la durabilité, impliquant une certaine forme urbaine. Le modèle compact de l’occupation du territoire a des conséquence importante sur l’efficacité (dans l’usage des ressources naturelles, par exemple le sol), la complexité et la stabilité.
La compacité doit s’accompagner d’un abandon du concept de zonage fonctionnel pour favoriser la mixité des usages.
" La reconversion des espaces industriels, sa réutilisation, la densification et l’introduction de nouveaux usages dans des zones monofonctionnelles, permettent d’augmenter la complexité, et au même moment, libèrent les espaces naturels de la pression que génère le modèle de ville diffuse." (BCNSEV)

Cependant CATMED signale qu’une compacité excessive n’est pas forcément bonne ; elle doit être corrigée par des espaces publics de qualité pour le piéton, des espaces verts, des places et des trottoirs suffisamment larges. Il doit exister par ailleurs une corrélation entre la compacité et la densité. Le niveau adéquat de compacité absolue doit être autour de 5 m3/m2.

Pas d’indicateur de compacité dans AURA.

  • Définition : Définit comme la relation entre l’espace utilisable des immeubles (volume) et l’espace occupé par l’urbain (superficie). (Hauteur moyenne des immeubles) ou volume occupé par les immeubles dans un espace donné. (Volume m3 / superficie m2).
  • Nos critères :
  • Mêmes remarques que pour le critère de densité.
  • Ce critère n’a pas d’intérêt pour le changement climatique s’il n’est pas accompagné d’une évaluation des espaces non construits, et de la structure des immeubles en relation à l’énergie consommée.

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1.03 - Compacité corrigée

  • Objectif : Mesure de la pression mais en corrigeant par la quantité d’espace public libre et non la superficie totale

Selon BCNSEV, une pondération de l’espace construit est nécessaire en fonction de la quantité d’espace public libre, d’espaces de relation sociale, et d’espace vert urbain (espaces atténuateurs). L’indicateur compare ainsi l’espace bâti à l’espace dédié aux relations sociales ou aux relations de l’individu à la nature. Une notion d’équilibre est alors introduite entre bâti et espace de récréation.

  • Définition : volume construit (m3) divisé par espace public atténuateur (m2)
  • Nos critères :
  • Cet indicateur contredit le commentaire sur la densification de l’espace urbain, dans la mesure où il introduit la nécessité d’espaces de "porosité" dans le tissu urbain, avec une accessibilité importante de ces espaces (espaces de proximité). Il a l’intérêt de proposer une notion de "stratégie d’équilibre" dans la conception urbaine afin de limiter la pression urbaine.

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1.04 - Compacité corrigée pondérée

  • Objectif : il s’agit d’introduire un facteur supplémentaire de pondération basé sur la qualité de ces espaces atténuateurs.

Selon BCNSEV, "la pondération de ces espaces s’obtient à partir de leur qualité, avec la finalité de doter d’une valeur supérieure aux espaces présentant un volume plus important d’espaces naturels : promenades, rues piétonnes, parcs, etc.". Le principe est qu’un parc ou une rue piétonne offre une capacité de récréation et décompression plus important qu’une grande place ou une grande avenue.
CATMED ne fait pas de différence entre corrigée et corrigée pondérée. L’optimum selon cette source étant un indicateur se situant entre 10 et 50 m3/m2. L’intérêt d’inclure les espaces verts et les espaces de loisirs réside dans la prise en compte d’une certaine qualité de vie, et d’une meilleure qualité de l’environnement (air en particulier). Les critères utilisés pour caractériser ces zones sont :
- Places : permettent d’apporter des services et des relations sociales à l’environnement, en particulier enfants et personnes âgées ;
- Grandes places et jardins : disposent souvent de services et d’aires de jeu ;
- Parcs et rues passantes : disposant de végétation et de zones de loisirs.
Selon l’OMS, les villes doivent disposer de 10 a 15 m2 d’espaces verts / ha. CATMED propose que ce chiffre soit évalué à 15-20 m2/hab.

AURA propose un indicateur "6- Espaces publics supports d’usages sociaux", considérant que l’espace public doit aussi être "le socle de la sociabilité, du vivre ensemble, en dehors de la sphère privée". Il est aussi créateur d’identité d’un quartier. L’espace considéré est alors celui caractérisé par des espaces aménagés, et gérés par la collectivité, incluant activité de détente, de loisirs, de convivialité, places, placettes, squares, aires de jeux, citystade, jeux de boule, etc.

  • Définition : Volume construit (m3) divisé par la superficie d’espaces publics atténuateurs pondérés (m2)
  • CATMED propose deux indicateurs aditionnels :
  • Superficie (zones vertes et zones de loisirs) par habitant (m2/hab)
  • Superficie des (zones vertes + zones de loisir) par superficie construite (%)
  • Définition d’AURA : Surface d’espaces publics aménagés et gérés par la collectivité supportant un usage social rapportées à la surface totale du secteur d’étude (%)
  • Nos critères :
  • Les mêmes que précédemment. Cet indicateur présente un intérêt pour les questions de changement climatique, car il permet de situer la densité d’espaces verts et la capacité de mitigation pour le CO2. La présence d’espaces verts est fondamental pour ces question de mitigation mais aussi pour la prévention de tous les risques.
  • Il doit être amélioré par des notions d’accessibilité, comme cela est proposé par CATMED avec l’indicateur de proximité aux espaces verts (voir xxxxxx).

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